QUELS PROJETS RÉALISÉS?
Des projets à la croisée du soin, des arts et de l’expérience vécue, prenant la forme d’ateliers, d’enseignements, de discussions publiques, d’expositions et de publications.
Ils interrogent la place des savoirs expérientiels dans le soin, la formation médicale et les institutions, et explorent le potentiel des pratiques artistiques pour transformer les relations, les récits et les alliances en santé.
Ces projets ont été réalisés dès 2024 en collaboration avec :
la Ligue suisse contre le cancer (Berne, Suisse),
la Compagnie Folledeparole (Genève, Suisse),
la Ligue vaudoise contre le cancer (Lausanne, Suisse),
ONCO AURA, Dispositif Spécifique Régional du Cancer (DSRC) en Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon, France),
la Fondation OTIUM – soutien cancer (Genève, Suisse),
la Faculté de médecine, Université Claude Bernard Lyon 1 (Lyon, France),
Conservatoire national des arts et métiers (Paris, France),
Musée Carnavalet – Histoire de Paris (Paris, France),
Palais de Tokyo (Paris, France).
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Un projet arts & santé — Corps, mouvement et création
(IN)Mouvances est un projet d’expression artistique et corporelle qui explore le corps traversé par la maladie à travers l’art du collage, au sein des deux centres de la Fondation OTIUM - soutien cancer de Genève.
Imaginé par l’artiste Annika Jenni et le consultant en arts et santé Ferdinando Miranda, ce projet s’inscrit dans la continuité du projet magiC – Cancers, Corps, Collages et vise à approfondir la compréhension des liens entre corps, cancer et création.Le projet se déploie sous la forme d’une série de huit ateliers de collage, ouverts à toutes les personnes touchées par une maladie — patients·e·s, proches aidant·e·s — ainsi qu’aux professionnel·le·s de santé, notamment en oncologie.
Au cœur de chaque atelier, ce sont les corps et les images corporelles apportés par les participant·e·s qui deviennent matière première : à partir d’émotions, de sentiments ou d’événements vécus, chacun·e est invité·e à exprimer son expérience — notamment à travers l’autoportrait photographique — puis à composer, découper et recomposer ces images en collages enrichis par divers médiums (peinture, encres, crayons, etc.).
(IN)Mouvances n’est pas une thérapie au sens clinique, mais une exploration créative profonde, un espace où le corps peut devenir un outil de parole et de partage, où les expériences personnelles se transforment en gestes artistiques significatifs et visibles.
Le titre du projet évoque à la fois le mouvement et l’intériorité : le préfixe (in) suggère cette oscillation entre immobilité et élan, entre chute et relèvement — reflétant les tensions et transformations du corps vivant et souffrant.
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Dans le cadre du DIU/CAS Humanités médicales, design et projets sociaux innovants (Philosophie, éthique et design: dans le domaine de la santé et du soin) du Conservatoire national des arts et métiers, sous la direction de la philosophie et psychanalyste Cynthia Fleury et le designer Antoine Fenoglio, un atelier de collages a été initié et co-construit avec Fanny Serain (Responsable des arts visuels du service de la culture de la Ville de Meyrin - Suisse) et Julien Rousset (médecin anesthésiste), en février 2026.
Réalisé au sein de l’Espace HAMO – Arts, culture & santé mentale du Palais de Tokyo, cet atelier proposait aux participant·e·s de traduire leur expérience de formation par l’image, dans l’esprit de la médecine narrative.
Le dispositif reposait sur :
la mise en récit sensible par le collage,
l’exploration des émotions liées aux apprentissages,
la création collective comme espace de dialogue démocratique.
Cette expérimentation s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle des institutions culturelles comme espaces de médiation sociale, d’inclusion et de vitalité démocratique.
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Dans le cadre du terrain de recherche « santé mentale et musée » du DIU/CAS Philosophie, éthique et design : dans le monde de la santé et du soindu Conservatoire national des arts et métiers, une action participative a été menée au Musée Carnavalet – Histoire de Paris.
Aux côtés de Mandi Gueguen (juriste), Victoria Zorraquin (pédagogue sociale) et Yohann Guinot (ergothérapeute), nous avons invité, sur une idée de Yohann, le public, le 14 février — à l’occasion de la Saint-Valentin — à rédiger une “Déclaration d’amour à la démocratie”, au sein même du musée qui conserve la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Le dispositif proposait :
un espace d’écriture libre et accessible,
la mise en partage de messages sensibles et personnels,
un dialogue entre patrimoine historique et engagement contemporain.
Des aquarelles réalisées par Victoria Zorraquin accompagnaient les contributions du public, renforçant la dimension artistique et émotionnelle de l’expérience.
Cette action interrogeait le musée comme espace de soin civique, d’inclusion et de vitalité démocratique — un lieu où le patrimoine devient vivant, et où l’expression individuelle contribue au lien collectif.
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Rôle : Enseignant invité · Patient partenaire · Co-concepteur pédagogique
Public : 1’000+ étudiant·e·s en médecine
Partenariat : Faculté de médecine Lyon 1 sous invitation de la Prof.e Sarah CarvalhoDescription
Intervention menée dans le cadre de l’enseignement Soin par l’art, visant à explorer la place des pratiques artistiques dans la relation de soin et la formation médicale.
Ce cours magistral propose aux futur·e·s médecins une approche du soin qui dépasse le cadre strictement biomédical, en articulant :
expérience vécue de la maladie
pratiques artistiques
humanités médicales
savoirs expérientiels des patient·e·s
À travers un récit situé, des exemples de dispositifs arts-santé et une réflexion sur les émotions, la vulnérabilité et la relation thérapeutique, l’intervention ouvre un espace où les étudiant·e·s peuvent interroger :
leur vocation
leur rapport au corps malade
leur posture de soignant·e
la place du sensible dans la clinique
Intentions pédagogiques
Déplacer le regard porté sur le soin
Reconnaître l’expérience des patient·e·s comme forme de connaissance
Introduire l’art comme outil relationnel et clinique
Relier empathie, créativité et pratique médicale
Impact
Les retours des étudiant·e·s soulignent combien ce type d’enseignement contribue à :
redonner sens à leur engagement en médecine
relier dimensions humaines et pratiques cliniques
envisager le soin comme relation, et non uniquement comme acte technique
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Rôle : Concepteur & animateur d’atelier · Patient partenaire
Public : 25 étudiant·e·s en médecine
Partenaires : Faculté de médecine Lyon 1 · Musée des Beaux-Arts de Lyon sous invitation de la Prof.e Sarah CarvalhoDescription
Atelier expérientiel de collages artistiques autour des thèmes de la finitude, du deuil, de la mémoire et de la relation au corps.
À travers la création plastique, les étudiant·e·s explorent la manière dont l’art peut ouvrir un espace d’expression face aux réalités de la fin de vie, souvent difficiles à aborder dans le cadre strictement académique.
L’atelier met en dialogue :
expérience vécue de la maladie
humanités médicales
rapport au deuil
dimensions symboliques du soin
Intentions pédagogiques
Travailler la fin de vie par le sensible plutôt que par l’abstraction
Permettre aux futur·e·s médecins de se confronter à leurs propres représentations
Explorer l’art comme médiateur face à la mort
Intégrer les savoirs expérientiels dans la formation médicale
Impact
Les retours montrent un impact profond :
certain·e·s étudiant·e·s évoquent des souvenirs personnels liés à l’hospitalisation
d’autres réconcilient pratique médicale et dimensions artistiques
plusieurs soulignent un désir de soigner autrement, en intégrant l’art comme ressource thérapeutique à part entière
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magiC est un projet artistique participatif soutenu par la Fondation OTIUM - soutien cancer, articulant animation artistique, série d’ateliers de collage, publication et exposition.
Conçu par et pour des patient·e·s, il mobilise la création collective comme outil de narration et de transformation de l’expérience du cancer, au-delà des cadres classiques de l’art-thérapie.Le projet est porté et curaté par Ferdinando Miranda, chargé de projet, et co-créé avec Annika Jenni, artiste. Ensemble, il et elle conçoivent et animent des dispositifs artistiques qui transforment des vécus intimes en récits collectifs, partageables avec la cité et les institutions de santé.
Les retours des participant·e·s soulignent l’importance de ces espaces de création comme lieux de reconnaissance, de mise en mots et de reconstruction symbolique du parcours de maladie.
Le vernissage public, accompagné d’un banquet et de temps de rencontre, ainsi que l’exposition des collages, ont rencontré un fort écho auprès des participant·e·s, de leurs proches et du public, confirmant la capacité de ce type de projet à créer du lien, à modifier les regards sur le cancer et à inscrire les expériences des patient·e·s dans un espace collectif, sensible et partagé. -
Conférence – 2025
Ce projet prend la forme d’une conférence articulant savoir expérientiel, création artistique et pratiques de soin en cancérologie, à partir de l’expérience vécue du cancer.
Invité à intervenir dans le cadre d’une journée d’études consacrée aux interventions non médicamenteuses, ce temps de partage propose de reconnaître ces approches non comme des pratiques périphériques, mais comme des composantes à part entière du soin, en dialogue avec les prises en charge médicales.
L’intervention s’ancre dans une parole située : celle d’un patient ayant traversé un cancer, mobilisant la création — et plus particulièrement le collage — comme outil de mise en récit, de transformation de l’expérience de la maladie et de partage avec les professionnel·le·s de santé.
La conférence a été présentée le 1er avril 2025, à l’invitation de la Dre Fadila Farsi, dans le cadre d’une journée organisée par ONCO AURA – Réseau Régional de Cancérologie Auvergne-Rhône-Alpes.
Les retours du public — composé de professionnel·le·s de santé, d’acteur·rice·s du soin et de la coordination en cancérologie — ont souligné :
la pertinence du savoir expérientiel dans la compréhension fine des parcours de soins,
la capacité des pratiques artistiques à ouvrir des espaces de parole et de réflexion,
l’intérêt de penser la création comme ressource clinique, relationnelle et institutionnelle.
Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large visant à reconnaître, structurer et transmettre les apports des patient·e·s et des pratiques culturelles dans l’évolution des soins en cancérologie.
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Podcast – Ligue vaudoise contre le cancer
Ce projet s’inscrit dans une réflexion critique sur les liens entre genre, normes sociales et expériences du cancer, à l’occasion de la clôture des campagnes Octobre Rose et Movember, traditionnellement dédiées aux cancers dits « féminins » et « masculins ».
À travers une conversation enregistrée pour le podcast Parlons Cancer (novembre 2024), Chantal Diserens, directrice de la Ligue Vaudoise contre le Cancer, échange avec Joanne Chassot et Ferdinando Miranda.
Fort·es de leurs expériences personnelles comme patient·es et de leurs parcours professionnels sur les questions de genre, notamment au sein des Universités de Lausanne et de Genève, Joanne Chassot et Ferdinando Miranda croisent leurs regards sur les enjeux d’égalité, de diversité et d’inclusion face à la maladie.
La discussion interroge notamment :
les normes de genre que le cancer vient bousculer,
les injonctions persistantes autour de ce qu’une « femme » ou un « homme » devrait être, y compris dans les parcours de soins,
les effets de ces normes sur la manière de vivre la maladie, de demander de l’aide et d’être accompagné·e.
Ce projet met en lumière l’importance d’une approche globale, inclusive et située de la santé, attentive à la diversité des vécus, des identités et des trajectoires, et capable de dépasser les catégorisations réductrices encore très présentes dans les dispositifs de sensibilisation et de soin.
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Compagnie Folle de Parole · Quartier des Grottes, Genève · 2024
Rôle : Coordination, médiation culturelle et accompagnement des participant·e·s
Direction artistique : Isabelle Chladek
Partenaires : EMS Fort-Barreau · Maison Verte · Quai 9 · Fondation Cap Loisirs · Ville de GenèveLe projet
Dans l’espace public du quartier des Grottes à Genève, cette déambulation performative a proposé une traversée collective autour de la mort, du deuil et des liens qui persistent au-delà de la disparition.
Pensé comme un rituel laïque et partagé, le projet a mobilisé les arts vivants comme moyen de créer un espace de soin symbolique, relationnel et communautaire. La performance a réuni plus de 300 personnes autour d’un parcours mêlant musique, parole, gestes symboliques et installations éphémères.
Une création avec des publics divers et vulnérables
Des ateliers préparatoires ont permis à des participant·e·s issu·e·s de contextes variés de contribuer activement à l’œuvre collective :
Enfants de la Maison Verte
Résident·e·s de l’EMS Fort-Barreau
Usager·ères de substances psychoactives de Quai 9
Adultes en situation de handicap de la Fondation Cap LoisirsÀ travers mots, objets symboliques, dessins et éléments de scénographie, leurs récits ont nourri la performance, donnant forme à une mémoire collective sensible.
Arts et soin : une approche relationnelle
Ce projet s’inscrit dans une conception élargie du soin, où l’art devient un espace d’expression face au deuil, un médiateur entre générations et trajectoires de vie, un outil de reconnaissance des expériences vécues et un dispositif de lien social.
La performance a permis d’aborder la mort non comme un tabou médicalisé, mais comme une dimension humaine, sociale et relationnelle.
Mon rôle
J’ai accompagné et coordonné les différentes étapes du projet : médiation entre artistes et partenaires sociaux, coordination des ateliers participatifs, accompagnement des participant·e·s dans l’élaboration de leurs contributions, articulation entre dimensions artistiques, sociales et symboliques, et présence lors de la déambulation pour soutenir les moments de parole et de rituel.
Mon travail a consisté à tisser des liens entre institutions, vécus, mémoire individuelle et espace collectif.
Enjeux
Ce projet illustre comment les arts peuvent ouvrir des espaces de parole autour de la fin de vie, renforcer la cohésion sociale, reconnaître la vulnérabilité comme lieu de savoir et créer du commun face à l’expérience de la perte.
Comme l’écrivait le sociologue Bernard Crettaz :
« La mort n’est pas une maladie, mais un mystère qui nous pousse à aller plus loin dans le récit de nous-mêmes. »Photographie : Isabelle Meister – 2024
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Une vidéo-témoignage et une interview réalisées pour la Ligue suisse contre le cancer, inscrites dans ses actions de sensibilisation, d’information et de soutien aux personnes touchées par le cancer et à leurs proches.
À partir de mon vécu du cancer, le projet met en lumière le rôle du/de la patient·e acteur·rice, l’importance des ressources proposées par la Ligue (information, accompagnement, soutien psychosocial) et la place des arts comme leviers de compréhension, de résilience et de mise en lien avec soi-même, la maladie, les soins et la cité.