QuI SUIS-jE ?
Je m’appelle Ferdinando Miranda.
Mon parcours se construit à la croisée du soin, de la culture, de la recherche et de l’engagement institutionnel.
Il est traversé par une double expérience : celle du travail au sein d’institutions académiques, hospitalières et philanthropiques, et celle, plus intime, de la maladie, du deuil, de la souffrance au travail, de l’expérience de proche aidant et d’engagements civiques multiples.
Ces traversées ont profondément transformé mon rapport au soin, aux corps et aux récits, en révélant les liens visibles et invisibles qui les relient. Ce chemin est fait de vulnérabilités, de luttes, de transmissions et de liens. Il fonde aujourd’hui ma manière de concevoir et d’accompagner des projets exigeants et sensibles, attentifs aux trames humaines, sociales et institutionnelles, au service du vivant.
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Je suis né au pied du volcan Vésuve, dans la région de Naples.
Un territoire marqué par la précarité, les vulnérabilités sociales et environnementales, et par la tension permanente d’un volcan susceptible d’entrer en éruption à tout moment.Ce contexte produit aussi une créativité singulière. Face au déni, à l’impossible, à l’incertitude, créer devient une norme d’existence.
La mer, omniprésente, ouvre quant à elle un horizon : celui d’un avenir à imaginer, à inventer, malgré tout. -
J’ai grandi dans une famille modeste.
Ma mère Annunziata travaillait dans des structures d’accueil pour personnes âgées et pour enfants sous tutelle.
Mon père, Mario, décédé en 2025, travaillait sur les marchés agricoles, dans une région rurale du sud de l’Italie, la Basilicate.
Mon grand frère, Domenico, décédé soudainement en 2009, se battait pour les plus démuni·es.
Ces mondes m’ont très tôt mis en contact avec les réalités du soin et de l’assistance aux autres.
Ils ont aussi façonné une attention durable pour les territoires, les jeunes, les personnes âgées, les personnes vulnérables et les écosystèmes naturels. -
Mon grand frère, Domenico, décédé soudainement en 2009, reste une source majeure d’inspiration.
Étudiant en langues étrangères (arabe, espagnol), intellectuel engagé, il écrivait pour des médias locaux et se battait pour les plus démuni·es.Face à la dureté et à la complexité du sud de l’Italie, il avait cette capacité rare de voir, de sublimer et de défendre la beauté comme une forme ultime de résistance.
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Entre 2007 et 2009, nous nous sommes fortement engagé·es dans des luttes environnementales dans la région de Naples, notamment contre les décharges illégales de Terzigno, au cœur du Parc national du Vésuve.
Dans cet écosystème protégé, des déchets urbains et chimiques ont été déversés pendant des années, avec des conséquences sanitaires dramatiques : pollution massive, augmentation exponentielle des cancers, y compris chez les enfants.
Cette expérience a été fondatrice. Elle m’a appris que défendre la nature, les droits sociaux et la santé, c’est aussi refaire lien, mobiliser des savoirs multiples et faire communauté.
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Pendant mes études de droit, j’ai vécu une expérience Erasmus à Lisbonne.
Cette immersion humaine et culturelle a renforcé une conviction profonde : l’ouverture aux cultures, aux systèmes et aux traditions différentes est une richesse essentielle.Je me sens citoyen européen et citoyen du monde, attaché à des valeurs humanistes qui reconnaissent l’universalisme non comme une uniformisation, mais comme une capacité à mettre en lien les particularismes.
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Après des études de droit à Naples, avec un focus sur le droit européen de la non-discrimination, j’ai poursuivi mon parcours à Genève avec un master en études genre.
Mon intérêt s’est toujours porté vers une application concrète et incarnée du droit, en dialogue avec les vécus, les corps et les expériences.
À partir de mon vécu en tant que personne homosexuelle, j’ai approfondi les mécanismes historiques, sociaux, culturels et économiques des discriminations liées au sexe, au genre, à l’orientation affective et sexuelle, à l’origine ou à la classe sociale. -
En 2019, j’ai assuré la coordination générale et conçu l’ensemble de la programmation et du manifeste de la Geneva Pride.
Placée sous la devise #MakeHistory, à l’occasion des 50 ans des émeutes de Stonewall, cette édition rendait hommage à l’une des premières mobilisations publiques contre les violences policières visant des personnes LGBTQIA+, notamment des personnes trans racisées, à New York.
J’ai conçu une programmation à l’image de mes valeurs :
un travail sur les liens intergénérationnels, la transmission des luttes et des mémoires, et une approche transversale des enjeux qui traversent les existences — santé, éducation, travail, relations, familles et communautés, sport, loisirs.Les arts, la culture et la fête y occupaient une place centrale, non comme des marges, mais comme des espaces politiques de transmission, de soin et de mise en lien.
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En parallèle de mes études, puis pendant près de dix ans, j’ai occupé des fonctions de direction et de gestion de projets autour des questions de diversité, d’égalité et d’inclusion.
J’ai notamment conçu, fondé et dirigé le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités à l’Université de Genève, un centre interdisciplinaire dédié à la recherche, à la formation, à la médiation et à la culture.
J’en ai élaboré l’ensemble du projet — de la vision stratégique 2020–2024, structurée autour de trois axes (arts, droits et santé), à sa mise en œuvre opérationnelle complète, déployée à travers des plans d’actualisation annuels que j’ai intégralement conçus et réalisés. -
En 2022, alors que j’exerçais des fonctions de cadre, j’ai été atteint d’un cancer. Cette expérience a constitué une rupture biographique profonde, marquée par un avant et un après.
Elle m’a conduit à repenser le sens de mon existence, mais aussi la valeur de l’expérience vécue comme forme de connaissance.
Les arts et la culture se sont révélés des ressources fondamentales pour penser une approche globale et holistique du soin.
Je suis aujourd’hui convaincu que les seuls actes médicaux ne suffisent pas, et que le soin nécessite d’intégrer d’autres dimensions — relationnelles, culturelles, symboliques — pour accompagner le corps et l’esprit. -
Mon parcours s’est structuré autour de la vulnérabilité, non comme une faiblesse, mais comme un facteur de lien, de création et de transformation.
Je suis convaincu que les expériences personnelles, lorsqu’elles sont mises au service du collectif et libérées d’un égo autocentré, fermé ou dominant, peuvent devenir des ressources précieuses pour une société plus juste, plus humaine et plus attentive aux liens.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit mon engagement aujourd’hui.